Sylvain Coiplet

Georges Rouault

Tragique est la lumière. Ces mots de Georges Rouault disent plus sur son oeuvre que ces tentatives d'en faire un peintre français ou même chrétien. Ils expliquent un peu pourquoi ses peintures ont souvent trouvé plus d'échos à l'étranger que là où elles sont nées. Ombre ni lumière ne s'arrêtent aux frontières.

Dans ce mémoire sur Georges Rouault, j'ai essayé de saisir le côté individuel de cet art qui ne se laisse pas classer, mais se cherche jusqu'au bout.

Plutôt que d'appartenir à un mouvement, rester soi-même en mouvement. Repartir sans relache à la recherche de chacune de ses images - au risque de perdre le résultat obtenu. Et ce que Georges Rouault trouve fascine, car c'est aussi une partie de nous, celle qui échappe au détournement quotidien.

Ses dernières peintures, j'ai toujours eu l'impression de les avoir vu avant de naître - ou juste après. Le soleil n'y fait pas que briller, il met le feu à des formes qui avaient fini par se figer au fil des décennies.

Georges Rouault m'a marqué. Par sa personnalité, sa volonté, plus que par les analogies que l'on peut trouver avec d'autres peintres ou avec l'art du vitrail. Pour comprendre Georges Rouault, il faut cesser de l'expliquer pour s'impliquer.

Georges Rouault - Lire avec ses pinceaux

J'ai donc pris mon pinceau et reproduit quelques unes de ses images. Pour ne pas trahir Georges Rouault, j'ai développé une technique propre en peignant sur du bois que je laissais par endroit transparaître. Jouer avec les couches d'avant plutôt que de vouloir les cacher. Mais surtout ne pas perdre son assurance, même s'il y a de plus en plus à perdre. J'ai beau eu faire, la plupart des planches sont restées inachevées.

Pour le noir et blanc, j'ai aussi essayé de rester à mi-distance. J'ai pris des crayons larges, que j'avais taillé en forme de brosse plate et qu'il suffisait de tourner pour leur donner une pointe. Faire de chaque trait une surface. Donner à chaque surface un mouvement, une direction. Il m'a semblé comprendre où Georges Rouault voulait en venir avec son noir, même si cela n'a pas grand chose à faire avec le vitrail. Donner au contour une vie propre, rester peintre jusque dans le dessin.

J'ai appris à être moi-même pour pouvoir parler de lui.

Georges Rouault - Chacun sa langue

À l'époque de ce mémoire sur Georges Rouault, je ne me sentais pas encore en mesure d'écrire un texte de cette envergure en allemand. J'ai donc dû faire un compromis. Le mémoire est en effet composé de deux textes adressés à deux publics très différents.

Le premier texte en français décrit ma démarche pour approcher l'art de Georges Rouault. Mais comme à l'époque je pensais déjà en partie en allemand, j'ai indiqué en parenthèse le terme allemand quand c'était lui qui était venu en premier et que j'avais dû traduire tant bien que mal en français.

Le deuxième texte est une traduction allemande des lettres de Georges Rouault qui m'ont inspiré. Je n'y serais à l'époque jamais parvenu sans l'aide de Claudia. Mais elle était elle-même tellement imprégnée du français, que j'ai retravaillé cette traduction quelques années après pour qu'elle soit plus allemande.

J'ai alors aussi retravaillé le texte français, mais c'est resté dans mes notes. Et vu l'état de mon français après 20 ans en Allemagne, cela risque d'y rester.

 

NB: Les images reproduites ici ne sont pas les originaux de Georges Rouault, mais les copies que j'en ai faites pour pouvoir écrire le mémoire.

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